Genèse, pourquoi & pour qui

Le problème, les contraintes réelles, la doctrine et l'histoire de ce dispositif. Document de travail — N'DRI Research Lab, 2026.

1 · Ce document

Cette page explique d'où vient ce dispositif, quel problème il traite, pour qui il est construit, et ce qu'il ne fait pas. Elle est écrite pour être lue par un inspecteur des impôts, un chef de service, un agent des douanes ou des mines, un responsable de cellule prix de transfert, un bailleur, un parlementaire ou un chercheur — sans jargon inutile, et sans promesse au-delà de ce qui est réellement construit.

Règle de lecture : dans tout le dispositif, un écart est un signal, jamais une preuve. Les signaux portent sur un couple pays × partenaire × minerai × année — jamais sur une entreprise ou une personne nommée. Tout ce qui n'est pas connecté est affiché comme tel.

2 · Le problème, posé simplement

Un flux commercial est déclaré deux fois : une fois par le pays qui exporte, une fois par le pays qui importe. Pour le même minerai, la même année, les deux administrations devraient décrire la même chose. Ce n'est presque jamais le cas.

Ces écarts ne sont pas une curiosité statistique. Ils touchent directement l'assiette : un prix sous-facturé sort de la base imposable du pays producteur, au profit d'une entité située ailleurs dans la chaîne (trader, hub, société du même groupe). Le pays perd de la redevance minière, de l'impôt sur les sociétés, et parfois des droits de douane — sans qu'aucun agent n'ait nécessairement commis de faute.

Mais l'inverse est vrai aussi, et c'est ce qui rend le sujet difficile : un écart peut être parfaitement légitime. Il peut venir de la convention de valorisation douanière (FOB côté export, CIF côté import : le fret et l'assurance sont inclus d'un côté seulement), du calendrier (une cargaison peut être enregistrée sur deux années civiles différentes), d'un transit ou d'une réexportation via un hub (Émirats, Singapour, Suisse), d'un changement de classification douanière (un code HS peut changer en cours de route), ou encore de la teneur/qualité réelle du minerai. Présenter un écart brut comme une fraude, c'est se tromper — et perdre sa crédibilité au premier contrôle.

Le nœud du problème : la donnée existe, mais elle est publique, agrégée, tardive et sans dimension entreprise. L'administration sait qu'un écart existe quelque part ; elle doit ensuite décider où concentrer ses moyens — et ce sont ces moyens qui manquent.

3 · Comment on le mesure : le commerce miroir

La technique s'appelle « miroir statistique » (mirror trade) : comparer les statistiques déclarées par un pays exportateur avec celles déclarées par le pays partenaire importateur, pour le même flux — même produit (code HS), même sens, même année. L'idée est ancienne (elle remonte aux travaux du FMI des années 1980) et elle a été formalisée pour estimer les flux financiers illicites liés au commerce par le cadre statistique commun UNCTAD/UNODC (validé par la Commission de statistique des Nations Unies en 2022), rattaché à l'indicateur ODD 16.4.1.

Elle est utilisée de longue date par Global Financial Integrity (GFI) — l'organisation de référence sur la mesure du trade misinvoicing — et par l'ATAF (Forum des administrations fiscales africaines) pour un premier tri avant investigation approfondie. Sa force : elle inverse la charge de la preuve (« vous avez déclaré X, votre client a déclaré Y : expliquez l'écart »). Sa faiblesse : elle produit des écarts bruts, sans nom d'entreprise, sans qualité, sans incoterm — donc des milliers de lignes dont il faut tirer quelques dizaines de dossiers.

Ce que la méthode donneCe qu'elle ne donne pas
Un écart chiffré, reproductible, opposable, par couple de pays et par produitLe nom de l'exportateur ou de l'acheteur réel
Un signal comparable d'une année à l'autre, et cohérent entre partenairesLa teneur, l'incoterm, la qualité, les conditions du contrat
Une base de dialogue avec l'administration partenaireLa qualification juridique de l'écart (fraude, erreur, légitimité)
C'est exactement pour cette raison que tout le dispositif qui suit est construit autour d'une idée : transformer un écart brut en dossier instruisible — avec sa pièce décisive, sa procédure, son test de clôture.

4 · Ce que vivent les administrations fiscales africaines

C'est le cœur du sujet : si l'outil existe, c'est d'abord parce que les contraintes sont réelles, structurelles et documentées. Elles ne relèvent pas de la compétence des agents, mais de l'équation moyens / complexité / délais.

a) Capacité et spécialisation
b) Accès à la donnée
c) La complexité économique
d) Délais et prescription
e) Coopération internationale
f) Outils et systèmes d'information
g) Preuve et contentieux
Synthèse de ces contraintes : les administrations africaines n'ont pas un problème de pertinence — elles ont un problème de capacité de ciblage, d'accès à la pièce et de temps. C'est précisément là qu'un instrument préparatoire, gratuit et explicable, apporte de la valeur.

5 · Les questions techniques que personne ne tranche vite

Ces questions reviennent dans chaque dossier extractif. Un outil utile est un outil qui les met noir sur blanc dès le départ, puis dit comment les trancher.

6 · BEPS, prix de transfert : de quoi parle-t-on exactement

Un quatrième de la fiscalité internationale des entreprises extractives se joue sur une question unique : à quel prix une entité vend-elle à une autre entité du même groupe ? C'est le prix de transfert.

a) Le principe de pleine concurrence

Le cadre de référence (OCDE, article 9 du modèle de convention) pose que les transactions intragroupe doivent être rémunérées comme si elles avaient lieu entre parties indépendantes — le principe de pleine concurrence (arm's length). Pour l'appliquer, il faut un terme de comparaison : un prix, ou une marge, observés sur un marché comparable.

QuestionPourquoi elle bloqueCe qui la tranche
FOB ou CIF ?Le fret et l'assurance sont inclus d'un côté seulement : l'écart « normal » peut atteindre 5 à 15 %.La déclaration douanière (valeur en douane) et l'incoterm du contrat
Quelle année ?Une cargaison peut être enregistrée sur deux exercices différents selon l'administration.Dates de connaissement, de dédouanement, de facturation
Quel code HS ?Un minerai peut changer de classification en cours de chaîne ; le code agrège des qualités différentes.Nomenclature au départ et à l'arrivée, documents de classification
Y a-t-il eu transit / réexportation ?Un passage par un hub est logistique, pas fiscal — mais il masque la destination réelle.Connaissements, manifestes, documents du transitaire
Quelle teneur réelle ?Un prix « bas » peut simplement refléter un minerai pauvre ou humide.Certificat d'analyse (grade) + rapport de pesée
Prix contractuel ou prix de marché ?Les contrats longs et prépayés s'écartent légitimement du spot.Le contrat (formule de prix, durée) et ses avenants
Erreur ou sous-déclaration ?Une unité mal saisie (kg vs tonnes) produit un faux signal spectaculaire.Correction à la source, puis rejeu du signal
MéthodeEn quoi ça consisteDifficulté dans les minerais
CUP — prix comparable sur le marchéComparer le prix pratiqué à un prix de marché identiqueIl n'existe pas toujours de cotation pour un concentré donné : le prix dépend du grade, de l'humidité, des pénalités
TNMM — marge netteComparer la marge nette de l'entité à celle d'entreprises comparablesLes comparables africains extractifs sont rares et peu documentés
Prix de revente / coût majoréReconstruire le prix depuis l'aval ou depuis les coûtsFonctionne mieux sur des fonctions simples (distribution, transformation de base)
Partage des bénéficesRépartir le résultat du groupe selon les contributionsTrès exigeant en données sur l'ensemble de la chaîne
b) BEPS : 15 actions, dont 8-10 et 13

Le plan BEPS (Base Erosion and Profit Shifting, OCDE/G20, 2015) a produit 15 actions. Trois familles concernent directement un dossier minier :

c) Les deux Piliers et ce qu'ils changent pour l'Afrique

Pilier 2 instaure un impôt minimum mondial (taux effectif de référence de 15 %) avec, en amont, un impôt complémentaire national qualifié (QDMTT) que les pays peuvent percevoir chez eux plutôt que de le laisser partir. Pour un pays producteur, c'est un enjeu direct : les projets miniers à faible taux effectif deviennent fiscalement sensibles — et la donnée de prix de transfert redevient centrale pour expliquer l'assiette. Pilier 1 (dont l'« Amount B » simplifié pour certaines activités de distribution de base) poursuit la même logique : rendre les règles applicables avec les moyens disponibles.

Retenir : ces cadres produisent des obligations de documentation et des flux d'information (CbCR, échanges). Ils ne produisent pas, en soi, la capacité de les exploiter. C'est là que se situe le manque — et l'apport de ce dispositif : préparer le dossier avant l'échange.

7 · Pourquoi ce dispositif existe

  1. Parce que l'écart est visible mais pas qualifiable. Les écarts miroir sont publiés, gratuits, et personne n'a le temps d'en trier des milliers. Un moteur qui hiérarchise et explique (score décomposé, evidence pack, sens de l'écart) rend le tri possible.
  2. Parce que les données utiles sont publiques mais éparpillées. Dix sources, dix formats, dix licences, plusieurs langues. Les assembler proprement — avec leur licence et leur date — représente un travail que personne ne veut refaire ; il est fait ici, une fois, et réutilisable.
  3. Parce que les outils du marché coûtent trop cher. À quelques dizaines de milliers d'euros par pays et par an, une partie du continent reste hors du marché. Un démonstrateur libre, réplicable et sans licence payante a une fonction d'égalisation.
  4. Parce qu'un signal doit être opposable. Une allégation ne vaut rien ; une chaîne source → donnée → calcul → hypothèse → limite → question vaut un dossier. Chaque ligne du dispositif est construite pour être réexaminable par un tiers.
  5. Parce que la confiance vient de la transparence. Afficher les licences, les dates de génération, les sources non connectées et les limites de la méthode, c'est accepter d'être jugé sur ce qu'on ne sait pas. C'est la condition pour être utilisé par une administration.
  6. Parce que le temps administratif est la ressource rare. Un dossier préparé, avec sa demande de pièces déjà rédigée, son plan d'instruction et son test de clôture, économise les mois qui font perdre le dossier à la prescription.
  7. 8 · Pour qui, précisément

    Le dispositif n'est pas conçu « pour le public » : il est conçu pour des métiers, avec pour chacun un usage précis et une limite.

    QuiCe que l'outil lui donneCe qu'il reste à faire (à lui)
    Inspecteur des impôtsUne file d'audit hiérarchisée par score décomposé, l'evidence pack (donnée, calcul, hypothèse, limite, question), les signaux localisés par couple pays × partenaire × mineraiDécider, instruire, demander les pièces, conduire le contradictoire
    Chef de service / directionDes critères de priorisation opposables (pourquoi ce dossier plutôt qu'un autre), un suivi d'activité (dossiers ouverts / clôturés / écartés / établis)Arbitrer les moyens, assumer les choix, dialoguer avec la tutelle et les bailleurs
    Cellule prix de transfertLe dossier de contexte avant l'entretien : pays d'opération, paiements déclarés, contrats du pays et clauses signalées, structure de groupe (GLEIF), prix de référence, questions à poser et procédure de résolutionAppliquer la méthode (CUP/TNMM), construire les comparables, rédiger la position
    DouanesLe rapprochement valeur export / valeur import, les statuts « non déclaré », les couples où le prix unitaire diverge, la question de l'incoterm et de la classificationAccéder à la ligne de déclaration, vérifier la valeur en douane, corriger
    Mines / cadastreLa confrontation attendue entre volumes autorisés/produits et volumes exportés (aujourd'hui : à connecter)Fournir licences, production, teneurs — la brique qui manque le plus
    ATAF, CREDAF, pairs régionauxUn démonstrateur réplicable et gratuit : méthode, code, données publiques, procédures prêtes, version bilingueAdapter aux réalités nationales, mutualiser les procédures et la jurisprudence
    Bailleurs et partenaires techniquesUn support concret de renforcement de capacités : diagnostics, ateliers, indicateurs, transfert de compétencesFinancer la connexion des données institutionnelles (le vrai levier)
    Parlementaires, société civile, journalistesUn outil de lecture des flux à partir de données publiques, avec les limites affichées — pas un tribunalQuestionner les politiques publiques, demander la transparence contractuelle
    ChercheursUne méthode réplicable, des sources citées avec licences, une doctrine explicite (signal ≠ preuve)Critiquer, reproduire, améliorer — c'est prévu pour
    Pour qui ce n'est pas : ni pour « dénoncer » des entreprises nommées, ni pour produire un chiffre médiatique. Aucun nom d'entreprise n'est associé à un signal ; les fiches société présentent un contexte, jamais une accusation, et portent la mention « document de travail interne, non publiable ».

    9 · Ce que le dispositif fait — et ne fait pas

    Il fait
    • Détecter : 7 détecteurs (écart miroir confirmé, côté non déclaré, divergences de prix unitaire, prix hors bornes, prix persistant, prix sous référence, groupe détecté).
    • Expliquer : pour chaque signal, la donnée, le calcul, l'hypothèse, la limitation, la question d'audit — et un score décomposé et recalculable.
    • Localiser : par pays × partenaire × minerai × année ; jamais par entreprise.
    • Hiérarchiser : une file d'audit, des dossiers P1/P2/P3, une sélection Top N réglable.
    • Préparer : dossier d'audit en 10 sections, dossier entreprise, questions, pièces, procédure de résolution, simulateur d'enjeu, courrier de demande, plan d'instruction, PDF signé et empreinté (SHA-256).
    • Suivre : cycle de vie du dossier (ouvert → en cours → écarté / établi / prescrit) et retour de ces états vers le moteur.
    • Assumer : sources, licences, dates, et axes non connectés affichés comme tels.
    Il ne fait pas
    • Il n'attribue aucune transaction à une entreprise : les statistiques de commerce n'ont pas de dimension entreprise.
    • Il n'établit aucun lien de dépendance : sans registre des bénéficiaires effectifs, la contrepartie liée reste une question, pas un constat.
    • Il ne qualifie aucune infraction et ne produit ni redressement, ni créance, ni avis fiscal.
    • Il ne remplace pas la vérification contradictoire, l'examen des pièces, ni le jugement de l'inspecteur.
    • 10 · Comment il est construit

      Tout repose sur des données publiques gratuites, collectées par des scripts tournant sur un serveur, transformées par un moteur de règles, puis rendues dans des pages autonomes.

      ÉtageContenuVolume aujourd'hui
      Collecte (scripts + cron)UN Comtrade, Banque mondiale (Pink Sheet), ResourceContracts, ResourceProjects (NRGI), GLEIF LEI, Natural Earth, méthodologie de clauses7 collecteurs
      Moteur (fiscal_engine.py)7 détecteurs explicables, score décomposé, bornes de plausibilité par minerai, graphe commun, registre de dossiers1 396 flux → 1 543 signaux
      RéférentielsPays, minerais (codes HS), entreprises et relations, contrats, paiements déclarés, prix de référence48 pays · 10 minerais · 28 entreprises / 10 relations · 907 contrats · 19 sociétés liées à 11 pays · 9 802 projets
      Diffusion10 modules + 3 moteurs partagés (langue, résolution, navigation) + endpoints de données13 URLs, toutes libres et sans clé
      Trois principes de construction
      • Une source par outil : jamais de copie divergente. La navigation, la langue et les procédures de résolution sont des composants uniques injectés partout.
      • La doctrine est dans le code : ce qui n'est pas connecté est affiché comme non connecté ; un « 0 » ambigu devient un statut « non déclaré » ; un score affiche sa formule ; un dossier affiche « ce qu'il ne dit pas ».
      • Vérification par rendu réel : chaque page est contrôlée en exécution (syntaxe, rendu, nombre d'éléments produits) et comparée à ce qui était annoncé. Un contrôle qui échoue est traité comme un défaut du produit, pas comme un détail.
      Aucune donnée n'est fabriquée, aucun contournement anti-bot n'est utilisé, et chaque source porte son origine, sa licence et sa date. Le dispositif est bilingue (français / anglais) et fonctionne sans licence payante.

      11 · L'histoire du projet, lot par lot

      L'ordre des lots n'est pas anodin : chaque étape a rendu la suivante possible.

      LotCe qui a été construitCe que ça a débloqué
      v4.1 / v5.xURL partageable, score de risque, thème clair/sombre, drapeaux, jauges, carteUn outil qu'on ose montrer
      S2cResynchronisation des données (1 396 lignes), libellés pays normalisés, statut « non déclaré », fiabilité honnête (n/a au lieu d'une fausse note)Une base fiable
      S3aPrice-gap dans la table : prix Afrique vs partenaire, ratio, export CSVLe prix devient un angle d'attaque
      G1fiscal_engine.py : 7 détecteurs, graphe commun, evidence packLe passage de la donnée au signal
      G2 / G3GLEIF : entreprises et relations de propriété, registre sociétéLa question « dans quel groupe ? »
      G5Prix de référence Banque mondiale (167 signaux sous le marché)L'écart devient mesurable contre un repère
      GuidesGuide de l'inspecteur, cas à vigilance P1/P2/P3, dossier d'audit en 10 sectionsLe signal devient une procédure
      AutomatisationAudit de A à Z (12 étapes), kit multi-dossiers, puis PDF signé : référence unique + empreinte SHA-256 + bloc de signatureLe parcours devient traçable
      Vue systèmeFiscal Risk Graph : Sankey, réseau, carte animée, propriété, contrats, export PNG/PDFLire le système d'un coup d'œil
      EnrichissementsResourceProjects (paiements déclarés), liaisons entreprise ↔ pays ↔ fluxLe pont vers l'entreprise
      DocumentationBibliothèque documentaire (907 contrats + directives d'exploitation), « Comment ça marche »Le dispositif s'explique seul
      Fond de carteVraies frontières africaines (Natural Earth, domaine public, 51 pays, 16 Ko embarqués)Un repère géographique réel, sans dépendance payante
      Version anglaiseMoteur i18n partagé (1 000+ entrées), bouton FR | EN, contenu dynamique traduitS'adresser aussi aux partenaires et bailleurs
      DossiersDossier « Entreprise », fiche société (contexte, couverture, « ce que ça ne dit pas »)Passer du signal au dossier
      A + BFiche société (indice de convergence à formule affichée) + cycle de vie du dossier + retour vers le moteur (états d'instruction)Le chaînon manquant : l'instruction
      Résolution« Comment résoudre » : procédure, pièce décisive, test de clôture, issues, simulateur d'enjeu, courrier de demande, plan d'instructionLe dossier devient exécutable
      NavigationUne barre unique pour les 10 outils (fin des en-têtes hétérogènes)Une suite, pas une collection

      12 · Ce qui manque, et ce que ça changerait

      Le dispositif fonctionne déjà avec des données publiques. Mais cinq briques ne sont pas accessibles sans accord ou licence — et chacune changerait la nature du travail.

      Brique manquanteCe qu'elle apporteraitPourquoi elle est bloquée
      Bénéficiaires effectifs (UBO)Établir si l'acheteur appartient au même groupe : passer de la question à l'observationOpenOwnership/BODS et registres nationaux : accès et qualité hétérogènes (EITI 2.5)
      Licences et productionConfronter volumes autorisés / produits / exportés : détecter la surproduction ou l'export non expliquéCadastres miniers et registres EITI : accès officiel nécessaire
      Douanes transactionnellesLa preuve : valeur en douane, incoterm, classification, contrepartie réelle, ligne à ligneDonnée non publique — relève de l'administration
      Transport maritime / AISReconstituer la chaîne : port d'origine, hub, destination finale, volumes par navireSources payantes (Kpler, MarineTraffic)
      Données fiscales et régimes miniersMesurer l'enjeu réel, calculer un taux effectif par pays (utile pour le Pilier 2), suivre les régimes dérogatoiresSecret fiscal — hors périmètre des données publiques
      Ce que ça changerait, concrètement : on passerait du signal de contexte au dossier étayé — et l'administration disposerait d'un actif de négociation (échanges d'informations, CbCR, assistance technique) au lieu d'un soupçon.

      13 · Les limites assumées du dispositif

      Elles sont écrites ici pour être opposables à l'outil lui-même :

      • Granularité annuelle et agrégée : pas de vision transaction par transaction ; des opérations opposées peuvent se compenser.
      • Aucune dimension entreprise dans les statistiques de commerce : toute lecture « par société » repose sur un rapprochement par nom, fragile, et affiché comme tel.
      • Prix de référence parfois en proxy (ex. aluminium pour la bauxite) : le produit réel n'est pas coté — c'est signalé dans l'interface.
      • Seuils par défaut et bornes de plausibilité : hypothèses de travail, pas des normes ; à calibrer par l'administration (par pays, par minerai).
      • Prescription variable selon les pays : le dispositif ne la connaît pas, elle est à renseigner.
      • Dépendance à la qualité des déclarations sources : une erreur d'unité produit un faux signal — d'où un détecteur dédié à la qualité de donnée.
      • Couverture partielle : périmètre centré sur des minerais (HS 26xx) et des pays producteurs documentés — ce n'est pas un recensement mondial.
      • Aucune valeur juridique : pas de conclusion, pas de qualification, pas de montant d'imposition.

      14 · Sources, cadres et lectures

      RéférenceCe qu'on y trouveLicence / statut
      UN Comtrade (comtradeplus.un.org)Statistiques de commerce déclarées par les pays (valeur, quantité, produit, partenaire, année)CC BY 4.0
      UNCTAD / UNODC — cadre statistique des flux financiers illicites liés au commerce (2022), ODD 16.4.1La méthode officielle du commerce miroir et ses limitesPublication ONU
      OCDE — Principes applicables en matière de prix de transfert ; BEPS Actions 8-10 ; Action 13 (documentation, CbCR) ; Pilier 1 / Pilier 2Le cadre juridique du prix de transfert, les obligations de documentation, l'impôt minimum mondialPublications OCDE
      IGF / OCDE — prix de transfert dans le secteur minierApplication concrète des méthodes aux minerais (teneur, comparables, redevances)Publication IGF/OCDE
      GFI (gfintegrity.org)Méthodologie de mesure du trade misinvoicing, rapports annuelsRapports publics
      ATAF · CREDAF et pairs régionauxRenforcement des capacités, échanges entre administrations, positions africainesPublications institutionnelles
      EITI — norme (dont exigence 4.3 sur le négoce et la propriété effective)Transparence des paiements extractifs et des chaînes de propriétéNorme publique
      Banque mondiale — Pink Sheet (Commodity Markets)Prix de référence mensuels et annuels des matières premièresOuvert
      ResourceContracts.orgContrats extractifs réels (texte intégral, métadonnées, pays, année)CC
      ResourceProjects.org (NRGI)Paiements déclarés par projet / société / année (divulgation obligatoire)Divulgation publique
      GLEIF LEIIdentité des entités juridiques et relations de propriété déclaréesCC0
      Natural EarthFrontières (fond de carte de la vue géographique)Domaine public

      15 · Avertissement

      Ce dispositif est un outil d'aide à l'analyse. Il ne constitue ni une preuve, ni une accusation, ni un avis fiscal, et ne produit aucun montant d'imposition. Les écarts sont des signaux à vérifier contradictoirement ; ils portent sur des couples pays × partenaire × minerai × année et jamais sur une entreprise ou une personne nommée. Les données sont publiques, citées avec leur origine, leur licence et leur date ; aucune donnée n'est fabriquée et aucun contournement de protection technique n'est utilisé. Les axes non connectés sont affichés comme tels.

      Toute critique argumentée de cette page, de la méthode ou des données est bienvenue : le dispositif est construit pour être réexaminé — c'est sa condition d'utilité.
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