PFM+ · Filtre de prix Méthode 2 des six méthodes — là où la méthode 1 s'arrête Comment ça marche Remontée 16.4.1 Groupe technique

1 · Pourquoi une deuxième méthode — et ce que la première ne voit pas

Le cours décrit six méthodes groupées en trois paires complémentaires : pour chaque famille de flux fiscaux et commerciaux, l'UNCTAD en propose deux. La nôtre — l'écart miroir — s'appelle officiellement PCM+ (Partner Country Method augmentée) ; la seconde s'appelle PFM+ (Price Filter Method).

PCM+ (méthode 1)PFM+ (méthode 2)
Regardeles valeurs déclarées par les deux côtés du même fluxles prix unitaires, transaction par transaction
Donnéecommerce bilatéral (UN Comtrade)micro-données douanières brutes, code SH à 6 chiffres
Hypothèsesuppose les données du partenaire exactesne dépend pas de ce que déclare le partenaire
Notre étatmoteur en production (1 396 flux, 1 543 constats)spécifié ci-dessous — non instrumenté faute de micro-données
Pourquoi nous en parlons quand même. Sur les 1 543 constats relevés le 06/10/2026, 70,1 % (≈ 1 082) n'ont aucun référentiel de prix : nous savons qu'un écart existe, pas si le prix est anormal. La PFM+ est la seule méthode qui réponde à cette question — et c'est aussi la méthode que le cours désigne comme celle qui « ne nécessite pas les données du partenaire ». Ce module dit donc ce qu'elle exige, ce qu'elle produit, et où elle s'arrête.

2 · Les sept gestes du mode opératoire

Le workbook résumait la PFM+ en une ligne de tableau. Le relevé des transcriptions du module 3 en donne le mode opératoire, dans l'ordre. Chaque geste est reporté ici avec sa conséquence pour nous.

#Le gesteFormulation du coursConséquence chez nous
1Cadrer : les 3 à 5 premiers produits à l'export et à l'import« the method is very resource intensive. It requires a lot of data »on ne la lance pas sur 1 396 flux : on la lance sur un couple produit × partenaire
2Utiliser la méthode 1 comme entonnoir« we can use the inputs from the partner country method »nos constats mirror_gap_confirmed sélectionnent le périmètre : les deux méthodes s'enchaînent, elles ne se remplacent pas
3Exiger la donnée brute« transaction level data without any adjustments being made on them »frontière nette : nous travaillons sur des agrégats annuels consolidés — la PFM+ ne se simule pas honnêtement
4Lire la description des marchandises, pas seulement le code SH« not only the HS because the HS is at a very aggregated level »même problème que nos limites publiées : « un code agrège des qualités différentes » (teneur, grade)
5Arbitrer les valeurs aberrantes« have been mistyped … or is there a valid reason … usually then keep it in in the calculation »règle : on ne supprime pas, on garde et on documente → notre détecteur unit_price_suspect (44 cas) reste dans le jeu
6Calibrer la bande : prix central puis bornes« we need the experts to tell us what the acceptable range »le seul paramètre discrétionnaire : à documenter par couple (produit, partenaire, flux)
7Tester chaque transaction puis orienter le flux« whether the unit price is acceptable or not … over or underpricing »le résultat est un montant, pas un taux — d'où le calculateur du §3
Deux de ces gestes sont des conditions, pas des étapes. Le geste 3 (données brutes) et le geste 6 (experts de marché) ne s'improvisent pas : ils se demandent — au groupe de travail technique national (voir cartographie institutionnelle). C'est ce qui rend la PFM+ contractualisable et non « faisable un jour ».

3 · La bande de prix — calculateur

« the price filter is essentially a range of prices which we deem are normal and acceptable » : au-dessus de la borne haute, la transaction est surévaluée ; en dessous de la borne basse, elle est sous-évaluée. Le calculateur ci-dessous construit la bande puis étiquette une transaction. Il ne fabrique aucun prix : c'est vous qui fournissez le prix central.

1) Construire la bande

2) Étiqueter une transaction

— rien ne quitte votre navigateur : le calcul est entièrement local.

Saisissez un prix central puis cliquez sur « Calculer ».

Comment la bande se lit

Position du prix unitaireÉtiquetteEffet sur le flux
au-dessus de la borne hautesurévaluation (overpricing)export → flux entrant · import → flux sortant
dans la bandeprix normalaucun flux estimé
en dessous de la borne bassesous-évaluation (underpricing)export → flux sortant · import → flux entrant
Ce que ce calculateur ne fait pas. Il ne détermine pas le prix central : dans le cours c'est un filtre statistique ou un prix de marché (benchmark international), et « this is where we need the experts to tell us what the acceptable range is ». Un prix central inventé par un outil serait exactement la faute que cette page sert à éviter.

4 · Le sens du flux — la règle de nommage

La sortie du filtre n'est pas un « écart » : c'est un flux orienté. Le cours donne la règle :

FluxCompositionPourquoi
entrant inwardexportations surévaluées + importations sous-évaluéesune exportation gonflée fait entrer de la valeur ; une importation minorée fait sortir moins de droits
sortant outwardexportations sous-évaluées + importations surévaluéesla valeur du bien quitte le pays sans être déclarée : c'est le cas dominant du portail (l'Afrique sous-déclare ses exportations dans 361 constats sur 738)
Pourquoi nous corrigeons notre vocabulaire. Nos fiches disent « Afrique sous-déclare » ou « sur-déclare » — un sens de déclaration, pas un sens de flux. La règle officielle impose de dire quel flux en résulte. C'est la même table que celle qui alimente le calculateur ci-dessus et la colonne « flux » de l'étiquetage par lot (§5).

5 · Étiqueter un lot de transactions

Même règle, appliquée en série : collez des lignes sens ; prix_unitaire ; quantité (une par ligne, séparateur ;, , ou tabulation). Les entrées, sorties et non-écarts ne sont jamais additionnés — c'est la règle 1 de la remontée officielle (voir fiche 16.4.1).

Collez vos lignes puis cliquez sur « Étiqueter le lot ».

6 · Les valeurs aberrantes : garder, documenter

Le cours pose la question et donne la réponse : une valeur aberrante peut être un prix de 10 000 là où 1 000 a été saisi, ou un mispricing réel — « then we have to decide what to do with it. Usually then keep it in in the calculation ».

SituationDécisionCe qu'on écrit
Prix hors bornes de plausibilité (unité/période)on conserve et on étiquette qualité de donnée« signal de qualité, non fiscal » — c'est le rôle de unit_price_suspect chez nous (44 cas)
Prix aberrant avec explication documentée (teneur, grade, incoterm)on conserve et on note l'explication« écart légitime, cause documentée »
Prix aberrant sans explication, sur une transaction significativeil devient un cas à instruire« possible sous/sur-facturation — pièce décisive : certificat de qualité »
Règle anti-fragilité. Un dispositif qui supprime les valeurs aberrantes s'aveugle exactement là où se logent les cas les plus intéressants. Nous les gardons toutes, et nous publions le nombre de cas concernés.

7 · Preuve de faisabilité : le filtre du soja brésilien

La méthode n'est pas théorique : le cours cite un cas où elle a tourné. Sur les exportations brésiliennes de soja, la bande a été construite comme une moyenne mobile pondérée sur 3 jours (« a 3-day weighted moving average price filter ») : toute transaction à l'intérieur de la bande est un prix normal ; celles passant sous les bornes sont des cas de sous-évaluation.

Ce que le cas montreCe que ça implique pour un dispositif comme le nôtre
Le filtre est temporel (3 jours), pas annuella bande doit pouvoir bouger : un seuil unique figé pour dix ans n'est pas un filtre de prix
Le filtre est par produiton documente la bande par couple (produit, partenaire, flux) — jamais une bande globale
Les valeurs aberrantes ont été examinées avant de calibrerl'ordre des gestes compte : aberrantes (§6) d'abord, bande ensuite
Le résultat est un montant de sous-évaluationce qui se publie est un montant par produit, pas un taux abstrait
C'est le précédent qui rend la PFM+ finançable : la même famille d'approche, appliquée à l'or et au cacao ghanéens, a produit un résultat politique de plus de 3,8 milliards de dollars de sous-évaluation (chiffre du module 3, p. 12 — non un chiffre du portail).

8 · Ce qu'il faut pour tourner — et où nous nous arrêtons

La PFM+ est la méthode la plus exigeante en données du dispositif. Voici l'inventaire, aligné sur les six colonnes de la revue de disponibilité du cours :

Colonne officielleCe que la PFM+ exigeQui le détient
Variablesprix unitaire, quantité, valeur, description de la marchandise, code SH, origine/destinationdouanes
Sourcesmicro-données douanières brutes + benchmarks internationaux (Banque mondiale, CNUCED) pour interpréterdouanes + sources ouvertes
Fréquence / actualitétransaction par transaction, sur la période d'analysedouanes
Accès (le point critique du cours)le nôtre ? aucun. L'accès appartient au groupe de travail technique nationalgroupe technique
Granularité / interopérabiliténiveau transaction ; liaison avec le registre d'entreprises et les données fiscalesdouanes + fisc + registre
Durabilité / usageprocessus national, plan d'action, budget, renforcement de capacitésadministration + bailleur
Notre position, en une phrase. Nous fournissons deux colonnes sur six (sources ouvertes, fréquence documentée) et l'outillage de l'étape 5 — le calcul, la traçabilité, l'export. Les quatre autres colonnes se demandent. C'est une limite calculable, pas une faiblesse cachée : elle est le programme d'un mandat d'accompagnement.

9 · La frontière : parties liées → transfert de bénéfices

Le cours ferme lui-même la porte sur laquelle nous aurions pu nous tromper : « if we are trading with a related partner, then we may actually be thinking about the aggressive tax avoidance already. But this is the part for the next section. »

Règle à appliquer, sans exception. Si les deux côtés du flux appartiennent au même groupe ultime, le constat de prix sort du champ de la facturation abusive du commerce et entre dans celui du transfert de bénéfices — c'est-à-dire dans les méthodes 4 et 5, celles qui exigent le CbCR ou un groupe de contrôle comparable, que nous n'avons pas.

Nous avons l'outil pour appliquer cette frontière : le détecteur corporate_group (parent ultime via GLEIF, CC0). S'il s'allume sur un couple, le cas change de dossier — il ne se renforce pas.

ConfigurationMéthode applicableCe que nous pouvons dire
Parties non liéesfacturation abusive du commerce (PCM+ / PFM+)« prix anormal — signal à vérifier contradictoirement »
Parties liées (même parent ultime)transfert de bénéfices (méthodes 4-5)« cas de prix de transfert — hors de notre périmètre de données : il faut le CbCR »

10 · Limites, telles que le cours les énonce

  • Le filtre détaillé est difficile à établir : « we not always have the information from the markets … nor what is actually driving the volatility of the prices ».
  • La bande change dans le temps : « price filters in time … may change », et elle diffère par produit, par partenaire et par flux.
  • L'hétérogénéité du code SH est structurelle : un même code mélange haut et bas de gamme.
  • Le sens du flux dépend de la qualité de l'identification : sur des transactions liées, la direction économique se déplace vers le transfert de bénéfices (§9).
  • Sans micro-données brutes, la méthode ne se simule pas. Remplacer les transactions par un prix moyen annuel changerait la nature du résultat — et le rendrait non conforme.
Ce que ce module ne prétend pas. Il ne produit aucun chiffre d'IFF : il documente une méthode, fournit un outil de calibrage reproductible, et dit à quelle condition elle devient applicable. Un filtre de prix sans prix de référence n'est pas un résultat — c'est un cadre vide.