N'DRI Research Lab · Cadre de référence

Le cadre officiel de la mesure des flux financiers illicites — et où se situe ce dispositif

Il existe, depuis 2020, une définition statistique officielle des flux financiers illicites, adoptée par les Nations Unies sous l'indicateur 16.4.1 des Objectifs de développement durable. Cette page la présente telle quelle, donne la comparaison des définitions concurrentes et le catalogue officiel des méthodes, puis situe précisément ce que fait ce dispositif — et ce qu'il ne fait pas. Elle existe pour une raison précise : un travail qui mesure doit dire dans quel cadre il mesure. Sans cela, un lecteur ne peut ni le comparer ni le contester.

1 · L'indicateur officiel : SDG 16.4.1

La cible 16.4 des Objectifs de développement durable appelle à réduire sensiblement les flux financiers illicites. L'indicateur 16.4.1 en donne la mesure : « valeur totale des flux financiers illicites entrants et sortants (en dollars des États-Unis courants) ».

Les dépositaires en sont l'UNCTAD et l'UNODC. L'UNCTAD traite les flux d'origine fiscale et commerciale ; l'UNODC, ceux issus d'activités criminelles. Ensemble, ils ont publié en 2020 un Conceptual Framework for the Statistical Measurement of Illicit Financial Flows qui fixe la définition statistique unique et la classification :

« Financial flows that are illicit in origin, transfer or use, that reflect an exchange of value and that cross-country borders. »
Flux financiers illicites par l'origine, le transfert ou l'usage, représentant un échange de valeur et franchissant une frontière.

Les quatre piliers — et le seul que ce dispositif couvre

1 · Pratiques fiscales et commerciales
Fausse facturation commerciale (trade misinvoicing), érosion de la base et transfert de bénéfices. ← c'est le seul pilier que ce dispositif mesure.
2 · Marchés illégaux
Drogues, armes, espèces sauvages. Hors périmètre.
3 · Flux liés à la corruption
Pots-de-vin, détournement, recel d'actifs. Hors périmètre.
4 · Flux d'exploitation
Traite des personnes, vol, financement du terrorisme. Hors périmètre.
Pourquoi un seul pilier n'est pas une insuffisance. Le cadre officiel nomme ce pilier « tax and commercial practices » et ne présuppose aucune intention : un écart déclaratif y est un objet de mesure, pas de qualification. C'est exactement la position que tiennent les articles de ce portail — « aucune qualification juridique, aucune société nommée ». Ce n'est donc pas une précaution isolée : c'est la doctrine officielle.

2 · Six définitions concurrentes — et pourquoi « illicite » n'est pas « illégal »

Le mot illicite n'est pas un synonyme d'illégal. Un flux peut être parfaitement licite au regard du droit et rester contraire à l'esprit de la loi — c'est tout l'enjeu du débat entre définition large et définition étroite. Le tableau ci-dessous est celui que le cours IDEP/UNECA (module 1) met lui-même en avant.

InstitutionTypeDéfinition
ONU — SDG 16.4.1largeFlux illicites par l'origine, le transfert ou l'usage, représentant un échange de valeur et franchissant une frontière. Quatre piliers. C'est la référence officielle.
Union africaine / UNECA
HLP IFF, 2014
large Argent illégalement gagné, transféré ou utilisé, de trois sources : évasion fiscale commerciale, fausse facturation et prix de transfert abusifs ; activités criminelles ; corruption. La référence africaine.
FMIhybrideMouvement de capitaux illégal à la source, au transfert ou à l'usage. Le FMI parle d'ITAFF pour inclure explicitement l'évitement fiscal licite.
Banque mondialeétroiteUniquement les flux et activités ayant un lien clair avec l'illégalité. La définition la plus restrictive.
OCDE / BEPShybridePratiques qui érodent l'assiette sans être illégales : l'effet est contraire à l'intention du législateur, pas au droit.
Global Financial IntegritylargeCapital illégalement gagné, transféré ou utilisé. La définition la plus citée en Afrique.
Tax Justice Network
Cobham
largeDéfinition par les motivations illicites : abus de marché, abus fiscal, abus de pouvoir, produits du crime.
Conséquence pratique. Deux études qui ne retiennent pas la même définition ne mesurent pas la même chose et leurs chiffres ne sont pas comparables. Un travail sérieux doit donc dire explicitement à quelle définition il se rattache — et à quelle partie du périmètre. C'est ce que fait la section 1 ci-dessus.

3 · Le catalogue officiel des méthodes — et l'approche retenue ici

Le cours classe les méthodes en trois niveaux. Le dispositif de ce portail se situe au niveau macro, dans la famille de l'écart miroir — celle que le catalogue nomme « Trade and Transfer-Trade Gap » : « mesurer les écarts entre les données commerciales miroirs d'un couple de pays ».

NiveauFamilleApproche
MacroÉcart miroir bilatéral Comparer ce que déclare l'exportateur et ce que déclare l'importateur. ← approche retenue ici.
Modèle de gravitéAttractivité d'un pays de destination, flux de blanchiment (Walker & Unger, 2009).
Modèle structurelSystème d'équations sur l'économie illicite.
Fausse facturation (raffinée)Écart miroir ajusté d'une dimension d'attractivité (Nicolaou & Wu, 2016).
Approche par les risquesMesurer l'exposition aux menaces plutôt que le flux (Nicolaou-Manias, 2018 ; Nicolaou, Desjardins & Oguttu, 2019).
MésoModèle de WalkerEstimation des flux entre tous les pays.
Prix de transfert — BEPSBénéfices non expliqués par l'activité économique réelle.
Décalage de detteÉcart au ratio d'endettement optimal.
Évasion fiscaleRevenu déclaré contre revenu estimé par les banques.
MicroDéviation des prix unitaires Écart des valeurs unitaires à une plage raisonnable (Boyrie, Pak & Zdanowicz, 2005). ← famille de l'écran de valeur unitaire, utilisée ici.
Prix contre comparateurPrix de transfert intra-groupe contre comparateur externe (Bernard, Jensen & Schott, 2006).

4 · La méthode de référence : la PCM, et les corrections qu'elle exige

Les Directives méthodologiques de l'UNCTAD (2021) définissent la méthode de référence pour notre pilier : la PCM (méthode du pays partenaire), « méthode descendante qui compare les valeurs d'importation (ou d'exportation) communiquées par un pays avec les valeurs d'exportation (ou d'importation) correspondantes communiquées par son pays partenaire ». C'est exactement notre méthode.

Ce que la PCM+ ajoute réellement. Les directives proposent de « compléter » la PCM par des données nationales et des échanges bilatéraux de données — d'où le « + ». Concrètement : comparer les données nationales à celles des partenaires, travailler sur des données granulaires (classification produit la plus fine, par pays partenaire), et concentrer les corrections sur les flux présentant les asymétries les plus fortes. Les directeurs résultats de ce portail relèvent du premier volet ; le troisième est précisément ce que fait notre priorisation.

Le point le plus important est un avertissement. Les directives énoncent l'hypothèse qui sous-tend la PCM, puis la rejettent : « cette hypothèse est précaire et hautement improbable, ce qui soulève des doutes sérieux quant à la fiabilité de cette méthode ». Autrement dit : les déposants de l'indicateur écrivent eux-mêmes que l'écart miroir n'est pas la fausse facturation. Toute notre prudence — un écart est un signal, jamais une preuve — découle de là.

Les trois causes principales de l'écart, selon la Division de statistique de l'ONU et citées par les directives : ① des critères différents de désignation du partenaire à l'import et à l'export ; ② l'usage de valeurs CAF à l'import et FAB à l'export ; ③ des systèmes de commerce différents (général ou spécial). S'y ajoutent huit causes secondaires documentées : décalages de périodes comptables, séjours en entrepôt douanier, transit par des pays tiers, erreurs de réexportation, mauvaise classification douanière, différences de seuils, erreurs de mesure, et différences de méthodes de compilation.

Ce portail applique une chaîne de recoupement qui écarte ces causes avant de qualifier un constat — incoterm, décalage d'année, transit, code SH, teneur. Elle recouvre l'essentiel de la liste officielle, à deux exceptions près que nous ne nommons pas encore : le système de commerce et les critères de désignation du partenaire.

Parmi ces corrections, la deuxième cause de la liste officielle — CAF à l'import contre FAB à l'export — mérite un test, car elle est quantifiable. Les directives ne fixent aucun taux unique : elles recommandent explicitement des ratios nationaux, régionaux, voire spécifiques à la marchandise, et notent que pour les métaux précieux le transport et l'assurance pèsent une part plus faible de la valeur. Le taux de 6 %, souvent cité, est celui qu'utilise Global Financial Integrity — les directives le rapportent ainsi : « GFI (2019) utilise un ratio fixe de 6 %, en baisse par rapport au 10 % des études antérieures ».

Ce portail utilise l'écart miroir sans correction, avec un seuil d'écart relatif de 20 %. La question qu'un relecteur pose alors est légitime : ce seuil surestime-t-il les écarts ? Elle a été mesurée.

Le protocole, et son contrôle

L'ajustement de 6 % a été appliqué au côté import des 1 396 flux du corpus, puis les constats ont été recomptés au même seuil de 20 %. Le script réplique d'abord le moteur de détection et doit retrouver exactement les constats servis — sans ce contrôle, aucun résultat n'est publié. Contrôle réussi : 738 constats reproduits à l'identique.

VarianteConstatsSous-déclarationsSur-déclarations
Aucun ajustement (servi)738361377
Avec CIF ×0,94735351384
Avec CIF ÷1,06 (variante de robustesse)735352383
Le résultat : −3 constats sur 738, soit −0,4 %. La décomposition valide l'implémentation, car elle a une signature attendue : l'ajustement ne peut retirer que des sous-déclarations (l'écart se referme) et n'ajouter que des sur-déclarations (l'écart devient plus négatif). Les données produisent exactement cela — 10 perdus, tous des sous-déclarations ; 7 gagnés, toutes des sur-déclarations. Le seuil de 20 %, utilisé sans correction, est donc conservateur y compris contre le ratio le plus bas couramment employé — et les directives recommandent de toute façon des ratios différenciés, plus élevés pour les minerais que pour les métaux précieux.

Effet par pays : Madagascar perd 4 constats sur 94 (seul effet notable) ; l'Afrique du Sud, la Zambie et le Ghana en gagnent un ; la Côte d'Ivoire et la RDC en perdent un. Aucune hiérarchie nationale ne change et les quatorze pays restent dans le corpus.

Ce que cela change pour la lecture des articles. La conclusion centrale du portefeuille — l'asymétrie de queue du corridor chinois — survit au test : le corridor conserve ses 177 constats, et le rapport de queue passe même de 1,88 à 1,94. L'asymétrie n'est donc pas un artefact de fret ; sous ajustement, elle se renforce légèrement.
Ce qu'il ne faut pas conclure. Ce dispositif n'applique pas la PCM+ dans son intégralité : il ne dispose ni des données nationales ni des échanges bilatéraux que le « + » suppose. Il applique la PCM sur données publiques, avec la chaîne de corrections que les directives recommandent, et il publie le test de la correction CAF/FAB. La distinction est importante : dire « nous appliquons la méthode de l'UNCTAD » serait faux ; dire « nous en appliquons la variante publique, et nous en mesurons les limites » est exact — et vérifiable.

4 bis · La cinquième correction appliquée : la pondération de fiabilité

Les directives ne s'arrêtent pas aux corrections mécaniques. Leur étape 5 demande d'aller plus loin : « une procédure de pondération (OMD, 2018) attribue une pondération plus élevée au déficit commercial plus les rapports sur les volumes appariés associés sont proches les uns des autres, et plus ce déficit est faible ».

L'idée est décisive : un écart de valeur n'est crédible comme fausse facturation que si les quantités déclarées concordent. Si les volumes eux-mêmes divergent, l'écart peut n'être qu'une erreur d'unité, de conversion ou de couverture — et non un prix.

Ce portail a implémenté cette étape. Les volumes déclarés par les deux côtés sont dans le corpus : 409 des 738 constats (55,4 %) sont donc vérifiables ainsi.

Accord des volumes (min/max)Constats|écart| médian
≥ 95 % — volumes quasi identiques1154,5 %
80-95 % — volumes proches1834,4 %
50-80 % — écart modéré6549,8 %
< 50 % — volumes divergents315130,7 %
Ce que ce tableau révèle. Quand les volumes divergent, l'écart de valeur médian est de 130,7 % ; quand ils concordent, il tombe à 34,4 %. Une grande partie des écarts les plus spectaculaires du corpus sont donc probablement des problèmes de volume, et non de prix. C'est exactement ce que la pondération de l'OMD est faite pour écarter — et nous ne le voyions pas avant de l'appliquer.

Les niveaux de fiabilité qui en résultent, sur les 738 constats : haute (volumes ≥ 80 % d'accord) 29 constats — 3,9 % · moyenne 65 (8,8 %) · faible 315 (42,7 %) · non vérifiable 329 (44,6 %).

Et un résultat inattendu, qui renforce la lecture du corridor chinois. Sur les constats à fiabilité haute — ceux où la quantité concorde et où seule la valeur diverge, donc ceux où l'écart porte vraiment sur le prix — la Chine compte 16 constats sur 177 (9,0 %) contre 13 sur 561 (2,3 %) ailleurs : un rapport de 3,9×. Or, sur la mesure brute de gravité, l'écart n'était que de 1,26×. La pondération officielle multiplie par trois l'avantage du corridor chinois. À lire comme un résultat indicatif : l'effectif est faible (16 constats), le signal est fort.

Ce qui reste à faire — et pourquoi cela ne se fait pas ici. L'étape 6 des directives demande de « valider les résultats par des méthodes qualitatives » : recherches qualitatives, entretiens et consultations avec des experts en douane et en commerce (Mehrotra et al., 2020). Nos dossiers types prévoient l'instruction contradictoire et les pièces décisives, mais aucun entretien n'a été conduit. C'est une limite institutionnelle, non technique — et c'est précisément ce qu'un partenariat avec une administration apporterait.

5 · Une corroboration extérieure : le périmètre des pays

Le corpus de ce portail porte sur 14 pays africains et 10 minerais. Ce choix n'est pas de commodité : il recoupe une classification produite indépendamment, par une étude commandée par la Commission économique des Nations Unies pour l'Afrique, qui applique la méthode PCM+ — avec un ajustement CAF de 6 %, selon la source qui la documente — aux données 2017. Neuf des quatorze pays y sont classés « très élevé ».

Pays du corpusSignalé par l'étude CEASens du signal
Zambieouisous-facturation à l'export
Zimbabweouisur- et sous-facturation à l'export
RDCouisur-facturation à l'export
Maliouisur-facturation export et import
Nigerouisur-facturation à l'export
Sénégalouisous-facturation à l'import
Tanzanieouisous-facturation à l'import
Burkina Fasoouisur-facturation à l'import
Afrique du Sudouisous-facturation à l'export
Nigeriaindirectcité parmi les quatre pays qui portent plus de la moitié des flux illicites africains
Madagascar · Côte d'Ivoire · Ghana · Camerounnon classés—
Pourquoi cela compte. Un périmètre recoupé par une classification extérieure, produite par un tiers avec une autre méthode, est un périmètre défendable. C'est un argument de validation externe que ce portail peut écrire — et que peu d'autres peuvent écrire, faute de disposer des deux corpus.

Le cours fournit aussi l'échelle du phénomène : 8 700 milliards USD de flux illicites liés au commerce perdus par les économies en développement sur 2008-2017, dont 272,1 milliards pour l'Afrique subsaharienne, soit 27,2 Md$/an — seulement 3,7 % du total mondial, mais 17,8 % du commerce total de la sous-région. Et neuf des dix premiers pays africains émetteurs reposent sur les extractifs, dont quatre miniers.

6 · Les sources officielles de ce cadre

  • UNCTAD et UNODC (2020). Conceptual Framework for the Statistical Measurement of Illicit Financial Flows. Genève : Nations Unies. — la définition officielle et les quatre piliers.
  • UNCTAD (2021). Directives méthodologiques pour mesurer les flux financiers illicites fiscaux et commerciaux — méthodes pour les pays pilotes. Genève : CNUCED. — la spécification de la méthode de référence (la PCM et son « + ») et la liste des corrections qu'elle exige.
  • UNCTAD (2023). Towards a Statistical Framework to Measure Tax and Commercial IFFs.
  • UNCTAD (2024). Towards a Statistical Framework… : Case Studies.
  • UNECA (2014). Report of the High-Level Panel on Illicit Financial Flows from Africa. Addis-Abeba. — la définition africaine.
  • Nicolaou, K. et J. Wu (2016). Illicit Financial Flows: Estimating Trade Mispricing and Trade-Based Money Laundering for Five African Countries. — écart miroir douane-à-douane.
  • Nicolaou-Manias, K. (2018). Illicit Financial Flows Country Risk Profile: A Risk Assessment Tool for Ministries of Finance. GIZ / CABRI. — l'indice composite de risque IFF.
  • Qobo, M., Oguttu, A. et K. Nicolaou-Manias (2018). National Risk Assessment for Beneficial Ownership Transparency in South Africa. — la propriété effective.
  • Global Financial Integrity (2020). Trade-Related Illicit Financial Flows in 135 Developing Countries: 2008-2017. — les chiffres de cadrage.
  • Kar, D. et D. Cartwright-Smith (2008). Illicit Financial Flows from Africa.

Note de source. La présentation de ce cadre s'appuie sur le cours auto-rythmé IDEP / UNECA « Combatting Illicit Financial Flows: Understanding Socio-economic impacts, measurement methodologies and policy interventions » (2025), dont le contenu est propriété des Nations Unies et n'est repris ici que sous forme de synthèse et de citation, jamais de reproduction. Les chiffres de la section 4 proviennent du test conduit sur les données de ce portail, non du cours.

7 · Où ce cadre est appliqué, dans ce portail

8 · Le vocabulaire officiel en français, et les règles de remontée de l'indicateur

Le Cadre conceptuel existe en version française officielle (CNUCED/ONUDC, octobre 2020), servie en clair par le site de l'ONUDC — elle contourne le blocage anti-robot qui protège l'URL de la CNUCED. Quand nous rédigeons pour une administration francophone, nous employons ses termes, et non nos traductions.

Terme officiel françaisEmploi chez nous
flux financiers illicites (FFI)au lieu de « flux illicites », composé à la main
« Valeur totale des flux financiers illicites entrants et sortants »c'est l'indicateur 16.4.1 tel que rédigé en français
La génération de revenus illicites / la gestion de revenus illicitesles deux familles dans lesquelles ranger nos constats
« Les flux financiers illicites sont multidimensionnels »justifie de refuser une lecture mono-indicateur
Les quatre conditions de la définition et les quatre piliersnotre « 1 pilier sur 4 » devient une citation, pas une prudence

Les huit règles de remontée de l'indicateur

Elles s'imposent au pays qui déclare. Quatre d'entre elles surprennent, et elles sont pourtant prescrites (cours IDEP/UNECA, module 3) :

Règle 1 — entrant et sortant séparés. Jamais une somme, jamais un net : deux tableaux distincts, dans chaque feuille du gabarit.
Règle 4 — par sous-type. La facturation abusive du commerce et l'évitement fiscal ne s'additionnent pas : le cours précise que l'agrégation n'est « pas encore » ouverte.
Règle 5 — par méthode. Si le pays applique la PCM+ et la PFM+, il déclare deux jeux d'estimations, sans somme ni moyenne entre les deux.
Règle 6 — point milieu et bornes basse/haute. Les bornes sont des cases du formulaire : notre intervalle 15 / 20 / 25 n'est pas une précaution méthodologique maison, c'est le format attendu.

Les quatre autres : par année civile (jamais une moyenne sur une période) · en dollars des États-Unis (taux du Trésor des Nations Unies si conversion) · métadonnées distinctes par sous-type et recompilées par méthode · publication trimestrielle (fin mars, avril, juin, septembre et décembre, une remontée d'août pouvant sortir en septembre).

Ce que ce cadre interdit. Publier un chiffre unique comme s'il était exact, présenter un solde net de flux entrants et sortants, ou additionner deux méthodes. Ce ne sont pas des choix de présentation : ce sont des non-conformités au format de l'indicateur.
Ce que ce cadre autorise. Publier une fourchette assumée — et la déclarer comme telle. La part d'incertitude n'est plus une faiblesse à cacher : c'est une case à remplir.