L'ATAF n'est pas un interlocuteur « à convaincre » sur notre sujet : elle a déjà formulé ce que nous mesurons. L'étude Fostering Change: A Study on Tax Motivated Illicit Financial Flows (Nicolaou-Manias et Traore, 2023), commandée par la Commission européenne, décrit ainsi son dispositif :
« L'ATAF a pris plusieurs mesures pour combattre les flux financiers illicites en Afrique, ayant formulé une approche stratégique centrée sur la transparence et la coopération internationale. L'ATAF a une stratégie en 6 piliers pour endiguer les IFF. »
Et le troisième de ces piliers est libellé en ces termes :
« Commerce et douanes : traiter la corrélation entre les flux financiers illicites, la fausse facturation commerciale et les écarts commerciaux. »
Deux positions d'ATAF sont déjà citées dans notre article A1 — et elles ne sont pas décoratives : elles justifient nos choix de méthode.
| Ce que dit l'ATAF | Ce que nous en faisons |
|---|---|
| Approche « par zone » plutôt que « par unité ». L'ATAF (2022), dans ses African Tax Perspectives on Transfer Pricing, apporte la caution institutionnelle africaine à un raisonnement par zone — par ensemble de contribuables comparables — plutôt que par cas isolé. | Notre instrument classe en zones (rouge, intermédiaire, verte) et priorise au niveau du couple pays × minerai, pas de l'entreprise. Nous appliquons leur doctrine. |
| Une cible chiffrée : doubler l'impact fiscal du continent d'ici 2030 (ATAF/ATRN, 2026, 11e Congrès du Réseau africain de recherche fiscale), la mobilisation des ressources intérieures étant un impératif de développement. | Notre résultat A4 est directement un obstacle mesuré à cette cible : 70,1 % des constats n'ont aucun référentiel de prix mobilisable. On ne peut pas redresser ce qu'on ne peut pas valoriser. |
La question posée est : exploiter ce que nous avons, construire autre chose sur cette base, ou fournir des éléments complémentaires ? Les trois sont possibles, mais ils n'ont ni le même coût ni le même rendement.
Ce paragraphe n'est pas une précaution : c'est la liste de ce qu'un partenariat devrait apporter. Nous préférons l'écrire que la faire découvrir.
| Ce que nous n'avons pas | Ce que cela bloque | Qui peut le lever |
|---|---|---|
| Aucune dimension entreprise. UN Comtrade ne contient pas de raison sociale : nous ne détectons aucune société. | Toute action de contrôle nominative. Nous produisons un signal de priorisation, jamais un dossier. | ATAF — données douanières et fiscales nominatives, sous convention. |
| Aucune donnée récente complète. 2024-2025 sont partiellement collectées (quota d'accès à l'interface Comtrade). | Toute conclusion de tendance — donc toute évaluation d'effet d'une réforme. | ATAF — déclarations nationales, ou accès Comtrade élargi. |
| Aucun échange d'information ni accès en temps réel (pilier ATAF 6). | La détection d'un flux en cours. Nous travaillons sur des données différées. | ATAF — son système d'échange. |
| Aucune qualité de juriste. Nous ne qualifions rien d'illicite et ne nommons aucune société — c'est un choix, et c'est aussi une limite de compétence. | La transformation d'un constat en redressement. | ATAF et son réseau juridique — la faiblesse la plus dangereuse identifiée dans notre propre dossier de soumission. |
| Aucune évaluation nationale des risques au sens ATAF/GIZ — nous citons l'antécédent, nous ne nous y inscrivons pas formellement. | L'intégration de nos constats dans un plan national existant. | ATAF — son outil panafricain d'évaluation du risque-pays IFF. |
| Pas de volet politique. Sur les 8 leviers recensés par l'étude européenne, nous en couvrons 2 (+2 partiels) : EOI/AEOI, KYC, analyse de réseaux et protocoles sont absents. | L'action après la détection. | ATAF — c'est son domaine régalien. |
| Temps | Ce que nous faisons | Ce qu'ATAF fournit | Livrable |
|---|---|---|---|
| 1. Lecture immédiat |
Ouvrir le portail et le dossier de méthode. Aucun engagement demandé. | Rien. Une lecture. | Le portail en ligne — 24 pages, tout en HTTP 200. |
| 2. Vérification 1 à 2 semaines |
Reproduire un constat sur un couple pays × minerai, de bout en bout, avec leurs agents. Le test de sensibilité au fret est rejouable en une commande. | Un agent qui teste et critique ; accès à leurs propres données pour confronter. | Un écart documenté entre notre constat et le leur — le vrai point de départ. |
| 3. Périmètre 1 mois |
Choisir les deux ou trois couples pays × minerai prioritaires, et reconstruire les dossiers types selon leur procédure. | La désignation des priorités — c'est leur décision, pas la nôtre. | Un jeu de dossiers types ATAF-conformes. |
| 4. Extension 2 à 3 mois |
Élargir le corpus et brancher les connecteurs nécessaires (données nationales, licences). | Accès aux données sous convention ; arbitrage sur la confidentialité. | Un instrument au périmètre ATAF — si et seulement si l'accès est ouvert. |
Note de méthode. Cette page décrit une procédure proposée, non un accord conclu. Elle n'attribue à l'ATAF aucune position au-delà de ses documents publiés, cités nommément. Les deux positions reproduites au §3 proviennent de l'article A1, qui les cite avec leur référence. La description de la stratégie ATAF en six piliers provient de Fostering Change (Nicolaou-Manias et Traore, 2023, étude DG INTPA, Commission européenne).